Se réunit une fois par mois environ autour d'un livre ou d'un auteur. Soirées à thème, sorties, invitation d'auteurs...

jeudi 31 mars 2016

26 avril 2016 Journal intime d'un arbre de Didier Van Cauwelaert



Ce petit livre écrit dans un style léger, élégant, d'une grande pureté nous a tous séduits, tant par la densité de son contenu que pour l'originalité des nombreuses informations qu'il développe.
            Dans un récit très vivant, ce vieux poirier tricentenaire, abattu par une violente tempête, nous fait partager tous les évènements dont il a été le témoin pendant sa longue vie, dans le jardin du Dr Lannes qui s'apprêtait à le faire inscrire au patrimoine naturel mondial. L'arbre couché tient encore à la vie par ses solides racines et essaie de comprendre et d'expliquer, sans tristesse, philosophiquement, quelle a été sa place et son rôle dans la vie des humains qui l'ont  planté, soigné, utilisé, aimé sur cette terre... Mais d'abord : qu'est-ce qu'un arbre ?...
"Un arbre n'a d'autres sentiments que ceux qu'on lui confie, d'autres émotions que celles qu'il perçoit, d'autre angoisse que la prémonition des tempêtes, des incendies, de la sécheresse et des bûcherons. Mais cette angoisse-là, commune avec les animaux, n'a pas la même origine que la vôtre. Ce n'est pas la perte de nous-mêmes qui nous obsède, c'est la rupture d'une harmonie, l'arrêt des échanges avec les oiseaux, les insectes, les champignons, les jardiniers, les poètes ; la fin des interactions qui nous lient au soleil, à la lune, au vent, à la pluie, aux lois qui gouvernent la formation d'un paysage.
Ce que vous avez appelé successivement la nature, l'environnement, l'écosystème. Il y a chez un arbre qui meurt le souci de ce qui le remplacera. Le besoin que soient assurées ses fonctions, que soit repris son rôle, que soit comblé le vide qu'il laisse. C'est tout."...
            Quels ont été les bienfaits ou les méfaits des hommes dans sa vie ? Comment s'est-il trouvé impliqué dans les croyances, les guerres, des humains, dans leurs recherches scientifiques, dans leurs œuvres artistiques ?...
Il a beaucoup aimé cette petite voisine  en souffrance, Manon, qui a
réalisé, dans son bois, une sculpture qui l'a rendue célèbre. Il s'est aussi attaché à Yannis Karras "ce jeune homme heureux, bien dans sa peau" qui était presque arrivé à inscrire le vieux poirier aux "arbres remarquables" "Il m'a fait voyager bien plus que les poètes, les guerriers, les mystiques et les aventuriers qui m'ont côtoyé en trois siècles", dit l'arbre...
Pourquoi les humains se sont-ils attachés à lui ? Pour quelles raisons affectives, esthétiques, pratiques ou simplement matérialistes, les hommes s'intéressent-ils aux arbres ?...
Quels échanges se sont créés entre lui et les humains ?...
Toute cette mémoire, ce témoignage de l'arbre est prétexte pour D.VanCauwelaert à nous faire réfléchir sur nos propres comportements, sur des faits de société, sur les évènements politiques, scientifiques, philosophiques  qui ont eu lieu pendant ces trois derniers siècles... Sur notre négligence écologique aussi !...
            Ce journal intime d'un arbre est une œuvre riche, vivante qui nous incite à réfléchir à tout ce qui touche  au VIVANT sur notre terre et au rôle individuel que chacun de nous y joue.
            Quant à la pureté et au dynamisme du style, il nous donne envie de lire d'autres écrits de l'auteur... Si ce n'est déjà fait...
                                                                                    Jacqueline.

Arbre remarquable à Ste Foy d'Aigrefeuille













mardi 8 mars 2016

29 mars 2016 Un Jeune Homme d'exception

Un jeune homme d'exception avec l'auteure Dominique Landes



Grâce au style très vivant de Dominique, je me suis attachée au personnage d’Ernest .
Le Paris de la belle époque avec ses inventions, les belles toilettes est très bien décrit
 Paulette 95 ans , une de nos lectrices ,a été  émue par ce livre et nous a livré ses souvenirs de petite fille  de cette  période heureuse , précédant la guerre et dont lui parlait son père.
Ernest était promis à un très bel avenir comme le montre la 1ère partie du  livre mais engagé dans la 1ère guerre comme  lieutenant , il meurt tragiquement en montant à l’assaut à la tête de sa section ,il avait  seulement 27 ans  et la guerre venait juste de débuter  .
Comme Ernest, le grand-père du mari de Anne a été blessé mais  lui en a réchappé avec une mâchoire brisée par un éclat d’obus, on appelait ces blessés de la face les « Gueules cassées » , il a passé deux ans  à l’hôpital du Val- de -Grâce  où il a connu sa femme venue lui rendre visite.
A la 2ème guerre , il a fait de la résistance  ,il a été décoré pour ces faits militaires  .Il a toujours été très discret sur cette période de sa vie à la différence d’autre soldats traumatisés qui avaient besoin d’en parler comme nous le dit Nicole
Francois a retrouvé un carnet de bord d’un chirurgien et Thérèse celui de son grand-père parti en Afrique
Dans ces  carnets , les soldats évoquaient leur quotidien , la dure réalité des tranchées mais aussi comme le fait Ernest  avec beaucoup de poésie, les petits plaisirs, les beaux  paysages rencontrés en particulier celui des Vosges
En écrivant dans ces carnets  ou à leurs  familles ,  les soldats suspendaient  le temps ,exorcisaient leur peur rq : les lettres pouvaient être censurées par leur  hiérarchie 
Ces Poilus boostés par un élan de patriotisme, gardaient espoir car ils pensaient que la guerre allait être courte et faisaient donc preuve d’héroïsme  et de  bravoure , elle durera 4 ans et fit 10 millions de morts et blessés .
De nombreux ouvrages sur cette période se trouvent à la médiathèque d’Escalquens dont la Vie quotidienne des Poilus et Reportages de guerre par des grands noms de la littérature
Corinne nous a conseillé de lire Feu d’Henri Barbusse
Dominique nous a parlé de nombreux films ,  Anne vous conseille un film très émouvant « le cheval de Guerre » ou la guerre est vue à travers le regard d’un cheval qui fait preuve d’héroïsme lui aussi 
A retenir cette phrase de Giono à la fin du livre de Dominique : « toutes les guerres sont inutiles »
Dominique Landes est férue de littérature et d’histoire (elle a passé un DEUG )  ,elle s’intéresse également à la généalogie.
elle est en train d’écrire  son 2ème roman ,  elle aime rencontrer ses lecteurs et avoir leur avis
Anne




hommage à un héros familial: "un jeune homme d'exception"
Dominique Landes habite Castanet. A la retraite, elle a retrouvé dans les tiroirs de leur maison familiale tarnaise la correspondance de son grand oncle, Ernest Barrau  et c'est à partir de ces documents qu'elle a bâti son roman. Dans son livre,  on suit le parcours atypique de ce jeune provincial ambitieux et instruit, qui parallèlement à son ascension professionnelle, profite de la vie trépidante parisienne du début du XX
ème siècle et de ses nombreuses conquêtes féminines.  Le style vivant du roman rend Ernest très attachant. La guerre mettra un terme à tout ça. Officier, il part, enthousiaste comme tous ses camarades sur le front vosgien.  Dans son journal de guerre, retranscrit dans son intégralité, il dépeint cette région et ses habitants comme l'aurait fait un "voyageur" à part que lui y perdra  la vie comme 9 millions de militaires entre 1914-1918. 

Anne, Evelyne, Dominique Landes

Les mêmes que précédemment plus Marie-Thérèse


Avec Paulette, notre doyenne de 95 ans !

Marie-Claude, Christine, Corinne, Thérèse

Nicole, Jacqueline, François, Anne







lundi 11 janvier 2016

9 février 2016

« Peu importait le fond pour Guylain. Seul l'acte de lire revêtait de l'importance à ses yeux. Il débitait les textes avec une même application acharnée. Et à chaque fois, la magie opérait. Les mots en quittant ses lèvres emportaient avec eux un peu de cet écœurement qui l'étouffait à l'approche de l'usine.»  
Guylain, le héros du livre, est ouvrier dans une usine de traitement et de recyclage de papier. Il abhorre son métier et cette machine, "la chose", sur laquelle il travaille tous les jours. Gloutonne, abjecte, elle avale, pilonne et broie des tonnes de livres pour obtenir une mélasse nauséabonde qui servira à refabriquer du papier.  "la chose était une absurdité qui mangeait avec une gloutonnerie abjecte sa propre merde". Elle est aussi très dangereuse. Elle a broyé les jambes de Guiseppe, l'ancien opérateur en chef, l'ami de Guylain.
Guylain récupère tous les jours, à l’insu de son chef et des caméras de surveillance, des feuilles de papier restées intactes, coincées entre les couteaux broyeurs. Il en fait la lecture, tous les matins, dans le RER de 6h27 qui le mène au travail, aux autres usagers du train , public attentif et fidèle pendant toute la durée du trajet.
Guylain soutient également son ami Guiseppe, anéanti suite à son accident du travail le 16 avril 2002. La "chose" a  broyé les jambes de son ami et les a monstrueusement compactés dans la pâte à papier estampillée sous les n° 67455 et 56 comme si de rien n'était. Guiseppe n'a plus qu'une idée en tête, récupérer tous les livres qui ont été fabriqués avec "cette pâte" lui donnant l'impression de récupérer ses jambes. Macabre consolation! Avec l'aide d'un ami bouquiniste, Guylain récupère tous ces livres, et use d'un stratagème pour que son copain garde toujours l'espoir de vivre, en les lui ramenant au compte-goutte.
Yvon, gardien à l'entrée de l'usine, passionné de théâtre et de poésie, est un collègue et ami de Guylain. Invités à la maison de retraite par des mamies usagères du 6h27, Ils vont ensemble lire et réciter des textes et poèmes apportant un peu de joie et de fantaisie à ces personnes âgées.
Un matin, Guylain trouve par terre dans le train, une clé USB. Celle-ci comporte 72 textes, "miettes de vie" d'une jeune femme anonyme  qui retranscrit tous les jours sur son ordinateur, après son travail, ses états d'âme, ses journées, sa vie.  Comme pour les "élues du jour", 'les peaux vives" ,  il lira aux usagers du 6h27 ces textes si personnels. Avec l'aide de Giuseppe, Guylain retrouve la propriétaire de la clé. Elle est jeune, belle, et dame-pipi dans les toilettes d'un grand centre commercial. Guylain lui renvoie sa clé USB, accompagnée de quelques explications, d'un grand bouquet de fleurs  et de son numéro de téléphone.... Elle l’appellera.

Commentaire:
Ce roman est une ballade, une ode, un hymne à la gentillesse et à l'amitié entre des petites gens qui grâce à Guylain retrouvent une joie de vivre et des moments de bonheur. Le contraste est un effet de style qui va bien au roman. La laideur de l'usine, de la broyeuse gloutonne et abjecte qui vomit une mélasse de papier nauséabonde, se transforme au fil des pages en lumière, en joie pour les auditeurs du liseur, Guylain, puis en beauté et fantaisie grâce à une jeune femme de basse condition sociale,  une "dame-pipi" qui devient la princesse de Guylain. La magie de l'écriture !

Marie-Claude C