Se réunit une fois par mois environ autour d'un livre ou d'un auteur. Soirées à thème, sorties, invitation d'auteurs...

samedi 9 mars 2019

Les femmes peintres dans la littérature (22 janvier 2019)



Dans un premier temps, nous avons revu, de façon très succincte, les différents mouvements de peinture pour y replacer les peintres dont nous allions parler puis chaque lecteur a présenté son livre :
L’indolente ou le mystère de Marthe Bonnard de Françoise Cloarec. Présenté par Michel.

Bonnard peintre dit nabi (1867-1947) rencontra Marthe de condition très modeste, il en tomba follement amoureux, en partageant sa vie comme modèle.

Le couple voyagea beaucoup et noua des amitiés dans le monde de l’art avec Monet, Vuillard, Signac, Matisse… le livre est très intéressant car il nous fait découvrir tous ces peintres. Bonnard exposa au salon des indépendants.

Françoise Cloarec est psychanalyste et peintre, diplômée des Beaux-arts de Paris.


  
Du même auteur la vie rêvée de Séraphine de Senlis. Présenté par Evelyne.
Séraphine Louis dite Séraphine de Senlis, née à Arsy (Oise) le 3 septembre 1864 et morte le 11 décembre 1942 à Villers-sous-Erquery (Oise), est une artiste peintre française dont l'œuvre est rattachée à l'art naïf.

Orpheline, « la sans rivale ».
Séraphine grandit a la campagne, s’imprègne de la nature, le regard vers le ciel, vers les arbres, vers la lumière. Tout commence comme cela, « tu dois te mettre à dessiner » message qui vient de la sainte vierge.
Tout le monde sait à Senlis, dans l’Oise, où elle vit que Séraphine ne rechigne pas à la besogne, peu intéressée par l’argent, elle trouve facilement à se placer comme servante dans plusieurs maisons bourgeoises. Elle est polie, humble, respectueuse. A 42 ans, elle obéi à un ordre venu d’en haut. Elle est l’élève de personne, elle travaille dans une absence de savoir vivre et de savoir faire. Elle peint des toiles, qui semblent changer de couleurs comme l’œil du chat, des fleurs, des fruits, des arbres.
Elle invente sa peinture avec le ripolin, elle ajoute à ses mélanges savants l’huile sainte qui brûle dans la chapelle consacrée à la vierge Marie, qu’elle dérobe. En 1912 un homme va traverser et bouleverser sa vie, Willhelm Uhde allemand, aristocrate et collectionneur de tableaux. Il voit en elle l’un des plus grands peintres du courant primitiviste, il dit « peintre du cœur sacré » .

La première guerre mondiale l’oblige à quitter la France. Sa collection est confisquée, puis vendue en 1921. Après son retour en 1924, il promeut les peintres autodidactes Bauchant, Bombois, Vivin et Séraphine de Senlis qu’il appelle Primitifs modernes, refusant le qualificatif impropre de « naïfs ». Il leur consacre une exposition « Peintres du Cœur Sacré » en 1928,  parle d’eux la même année dans Picasso et la tradition française, et leur consacre un ouvrage, Cinq maîtres primitifs (1947), articulé autour du Douanier Rousseau.

1932 Une crise de folie l’interne à l’hôpital psychiatrique de Clermont-de-l’Oise. Séraphine de Senlis cesse de peindre, écrit de nombreuses lettres pour se plaindre.
11 déc. 1942 - Décès. Séraphine Louis est enterrée dans la fosse commune du cimetière de Clermont.


 
Marie Rose a lu je suis jeanne Hébuterne d’Olivia Elkaim.
L’auteur est journaliste, chargée de politique au magazine La vie.

 Jeanne Hébuterne (1898-1920) rencontre en 1916  Modigliani de 15 ans plus âgé qu’elle, artiste maudit vivant dans la misère à Montparnasse.
Ils tombent amoureux et Jeanne quitte le milieu bourgeois dans lequel elle vivait  pour vivre sa passion, elle se mettra à peindre influencée par son amant.
Ils fuient les combats de la 1ère guerre mondiale, tout en bravant les bonnes mœurs et les interdits familiaux, un amour incandescent les conduit aux confins de la folie.

Atteinte de tuberculose, elle se suicidera alors qu’elle est enceinte.
Rappelons que Modigliani laissait en blanc les yeux des personnes qu’il peignait pour exprimer qu’ils se regardaient à l’intérieur.


Marie-Rose a trouvé ce livre très émouvant, il montre bien la mentalité de l’époque qui condamnait ce style de vie libérée, menée par certains artistes.
                                                           - O - O -

La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier, présenté par Marie Claude C.
Roman historique qui se situe à Delft au Pays Bas au 17ème siècle, à l’âge d’or de la peinture hollandaise.
Ce récit nous explique comment Johannes Vermeer, peintre fasciné par l’optique, en est venu à faire le portrait de Griet, sa domestique.
Cette dernière belle et intelligente, sensible à l’harmonie des couleurs, émeut son maître qui l’introduit dans son univers en lui faisant tout d’abord préparer ses pigments puis en devenant son modèle.

Voir le très beau portrait sur la couverture du livre, voir également le très beau film avec Scarlett  Johansson.









Etre ici est une splendeur de Marie Darrieussecq qui parle de Paula Becker, peintre allemande (1876-1907) . Présenté par Paulette et Michelle.

Carla Juri qui l’a incarné au cinéma, dit qu’elle mettait beaucoup de couleurs et de matières dans ses toiles, très épaisses, on dirait presque des sculptures quand on les regarde de profil.
Elle peignait avec passion d’une façon non conventionnelle pour son époque,  façon mal perçue par les peintres masculins qui disaient que la femme ne peut pas créer de l’art .
Elle  a fréquenté l’atelier de Rodin, le poète autrichien  Rainer Maria Rilke a été son ami.
Dotée d’une forte personnalité et d’un besoin d’émancipation, Paula Becker peignait des enfants, des petites filles au regard intense, tenant dans leurs mains en corolle des fleurs bleues, des femmes dans la dignité lasse de leur corps, des nus qui n’ont rien de comparable avec ceux que peignent les hommes. Son message, « il faut être celui qu’on est vraiment ».
En donnant naissance d’une enfant,  Paula meurt, quelques semaines plus tard, d’une embolie pulmonaire.

Michelle a été insatisfaite par le style de l’auteur.


Anne, Dominique, Thérèse et Marie-Rose ont présenté CHARLOTTE de David Foenkinos (2014).
Après avoir écrit en 2009 La délicatesse, roman encensé par la critique, David Foenkinos connaît la consécration avec Charlotte.

Il a découvert l’œuvre de Charlotte Salomon lors d’une exposition et a été fasciné par son œuvre  à l’origine de cette  biographie romancée.
Charlotte Salomon (1917-1943) berlinoise, d’origine juive a peint pour survivre au drame familial (du côté maternel, toutes les femmes se sont suicidées) au sort réservé aux juifs.
En 2 ans, elle a peint 1300 gouaches  accompagnées de textes et suggestions musicales. Heureusement, celles-ci ont été sauvées. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : "c'est toute ma vie."
Elle sera tuée au camp d’Auschwitz à l’âge de 26 ans.
Son œuvre est dite cathartique et pièce de résistance.
Le livre est écrit comme un poème avec des phrases courtes, ce qui donne au texte un rythme et une respiration pour ne pas céder à l’émotion.
David Foenkinos a mis du temps avant de trouver son style d’écriture, mais  cette contrainte l’a finalement libéré et si nos lectrices ont été un peu déconcertées au début par le style, elles ont apprécié ce roman, au fur et à mesure de la lecture.
                                                                - O - O -


Thérèse nous a présenté les peintures d’Elise Rieuf (1897-1990) originaire de Massiac en Auvergne comme sa grand-mère, ses œuvres sont exposées dans le musée du village.
Cette artiste a fait ses études à Paris, elle a beaucoup voyagé notamment en Chine ou elle a exposé, elle a enseigné et a fait partie d’un atelier féminin. Elle a peint beaucoup de portraits, autoportraits, souvenirs de ses voyages et des paysages d’Auvergne. Elle appartient au mouvement figuratif moderne.
Nicole nous a parlé d’une amie Claire Dubreuil :
Sage-femme, elle a passé sa jeunesse en Afrique puis est venue s’installer à Labarthe sur Lèze ou elle s’est consacrée entièrement à la peinture. Sa première passion fut  l’Afrique avec ses couleurs chaudes. 
                                                                - O - O -
Jacqueline nous a présenté Berthe Morisot de Dominique Bona.
Née en 1953 à Perpignan, journaliste, romancière et biographe entre autre de Romain Gary, élue à l’académie française en 2013, Dominique Bona est la fille d’Auguste Conte lui-même écrivain et homme politique.
sous le balcon 1871
Ce livre extrêmement documenté parle de Berthe Morisot (1841-1895).
Née dans un milieu bourgeois, son père était préfet, elle avait trois sœurs et un frère qui ont reçu une éducation artistique. Elle serait de la descendance de Raphaël. Il faut rappeler qu’à cette époque les beaux-arts étaient interdits aux femmes jusqu’en 1897.
Elle peignait dehors, elle travaillait avec sa propre palette le blanc, le vert en soulignant d’un trait rouge.
Rebelle, tournant le dos très jeune à l’enseignement académique, elle fonda avec Manet (dont elle épousera le frère) un groupe d’avant-garde  les «artistes anonymes associés»  regroupant des  impressionnistes, Monet, Renoir, Sisley, Pissarro, Degas, dont elle sera la seule femme. Stéphane Mallarmé l'introduisit auprès de ses amis écrivains. Elle a peint beaucoup de portraits de femmes et d’enfants.
Jacqueline a trouvé le style de l’auteur sans  grand intérêt, par contre le livre renseigne bien sur la vie  de cette artiste mystérieuse qui fit preuve d’une grande liberté.
Le  portrait  de Berthe Morisot qui figure en couverture du livre a été peint par Manet en 1870.



En conclusion, on perçoit à travers les portraits tracés de ces femmes peintres qu’elles revendiquent, et à travers leur art, le droit de s’exprimer, la liberté de penser dans un milieu artistique qui fut à une certaine époque essentiellement masculin.
Ce café littéraire a été très riche en échanges car les choix de lectures ont été nombreux sur des artistes différentes.

Berthe Morisot











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samedi 2 février 2019

Prochaine rencontre


Mardi 19  Mars 2019

14h 00  

SALLE DE LA SOLIDARITE  ESCALQUENS

 
&


AUTEUR CHOISI   Sinan ANTOON


titre : Seul le grenadier

 paru en 2016 chez Sinbad/Actes Sud
a reçu un prix littéraire




vendredi 1 février 2019

Jean Paul Dubois et Jim harrison





Au mois de novembre 2018, nous avons découvert Jean- Paul Dubois, écrivain toulousain de 68 ans, dont nous avons lu ‘’ La succession’’.
Après des études de sociologie, il devient grand reporter au nouvel observateur après un passage au service des sports du journal Sud- Ouest.Son roman ‘’Une vie française ‘’lui a valu le prix Fémina en 2004 
Il s’intéresse à la société américaine et lui a consacré plusieurs livres dont ‘’Kennedy et moi’’ ; le regard qu’il porte sur ce pays est plutôt négatif. Malgré sa préférence pour le rugby, c’est la pelote basque qui est au centre de la'‘succession’’ paru en 2016.
Dans ce roman, il nous donne une vue juste et réaliste de ce milieu et nous décrit avec précision et attachement sa chistéra (instrument d’osier en forme de gouttière recourbée qui sert à lancer la balle), son gant et nous montre l’importance de la qualité du matériel sur la qualité du lancer.
 Comme Jim Harrison étudié plus tard, Les voitures font également partie de ses romans : la Triumph de sa mère et son cabriolet Karmann à  Miami.
Après des études de médecine qu’il ne pratiquera pas, Paul-prénom que l’on retrouve dans ses autres romans-féru de pelote basque part à Miami, haut lieu de ce sport où il s’installe ; la raison de son départ est d’échapper à une famille complètement ‘’détraquée’’ où  son grand- père, sa mère et son oncle se sont suicidés dans des conditions étranges autant que dramatiques.
A Miami, il sauve un chien de la noyade qu’il appellera Watson et qui sera son compagnon fidèle, JPD décrit très bien cette relation forte avec son chien. Il se fait  également un très bon ami, Epifiano , fidèle lui aussi jusqu’à la fin du roman et devient amoureux d’une norvégienne belle et imposante, de 26 ans son aînée et qui finira sa vie à l’hôpital atteinte de la maladie d’Alzheimer jusqu’au jour où……il reçoit l’avis de décès de son père ,suicidé lui aussi dans une mise en scène quasi surréaliste ;il doit donc rentrer à Toulouse pour la ‘’succession’’.
Pour subvenir à ses besoins, il rouvre le cabinet paternel  et apprend d’un de ses patients le secret de son père : il aidait ses malades en fin de vie à mourir, Paul  découvre ensuite deux petits carnets noirs sur lesquels son père avait tout noté en détails ;celui qu’il considérait comme un monstre d’indifférence lui apparaît alors sous un jour complètement opposé.
Paul détruit par cette vie insupportable dans laquelle il n’a pas trouvé sa place, atteint lui-même par une psychose hallucinatoire, met fin à ses jours  comme tous ceux de sa famille après avoir rempli méthodiquement sur les deux carnets, comme le faisait son père, toutes les informations sur son suicide.
JPD a ce don de nous raconter les pires situations de façon cocasse et avec beaucoup d’humour, ce qui nous a fait apprécier ce livre
De plus, les personnages sont attachants et il fait preuve d’une imagination débordante  et de beaucoup de fantaisie.
Nous avons apprécié chez JPD sa grande richesse de vocabulaire qui tient sans doute à sa formation de journaliste et qui a obligé certains à chercher ou à revoir dans le dictionnaire la définition de certains mots ex abscons ,scrofuleux ,chafouin etc
La modestie et la discrétion de JPD lui font dire que l’acte d’écriture n’est pas plus important qu’un match de rugby et qu’il y est venu pour gagner sa vie le moins douloureusement possible.

A lire également de cet auteur : Une vie française, la nouvelle vie de Paul Sneijder adapté au cinéma avec Thierry Lhermitte, Vous plaisantez Mr tanner .
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Au mois de décembre 2018, nous avons abordé l’œuvre Jim Harrison
 Né en 1937 dans le Michigan, mort en mars 2016
C’est à l’âge de 16 ans qu’il décide de devenir écrivain, il, part à boston puis à New York.
Il perd accidentellement un œil à 7ans
Son père et sa sœur meurent dans un accident de voiture alors qu’il a 25 ans.
A 23 ans, il obtient une licence de lettres et se marie mais renonce vite à une carrière universitaire.
A 28 ans, il publie ses 1ers romans et poèmes (c’est un admirateur de René Char) et participe également à des scénarios .
Jack Nicholson devient son ami et l’aide financièrement pour qu’il puisse se consacrer à l’écriture.
Il fut l’un des principaux représentants du mouvement littéraire ‘’nature writing’’.
‘’Légendes d’automne’’ son 1er succès littéraire  en 1979  est une suite de trois nouvelles dont la dernière a donné son nom au livre, elle a été adaptée au cinéma avec Brad Pitt et Anthony Hopkins en 94.
Les héros de ces nouvelles sont des hommes trahis qui doivent  se venger pour mettre fin à la haine.
Il évoque des aventures familiales ou la rébellion est nécessaire entre père et fils (voir légendes d’automne)
Comme son héros Tristan, JH est épris des grands espaces américains et comme Samuel, il aime la nature en particulier les oiseaux (voir les belles descriptions dans son roman Nord Michigan), les rivières , il avait aussi une grande affection pour les indiens et leur culture.
On retrouve chez lui l’attirance qu’a JPD pour son chien et les belles voitures.
C’est un bon vivant qui apprécie aussi bien les plaisirs de la table que ceux de l’amour.
Il dit dans ses mémoires parus en 2003 « mordre à pleines dents dans une vie de douleurs et de plaisirs » mais évoque aussi ses moments de solitude avec son chien pour unique compagnon.
Son visage reflète bien l’homme qu’il était épicurien.
Parmi ses autres ouvrages : citons Dalva en 87, Théorie et pratique des rivières en 85, Nord Michigan ou il montre son amour de la nature et des gens simples , son dernier livre Le vieux saltimbanque et juste avant sa mort Un sacré gueuleton pas encore publié
En 2016, François Busnel dans l’émission La Grande Librairie lui a rendu un bel hommage ainsi que Yann Queffélec .
Dans la majorité, nos lecteurs n’ont pas ‘’accroché’’ aux romans de JH ,ils n’ont pas aimé le style et le contenu des romans : manque de profondeur ,trop de brutalité ,de saoulerie, un côté excessif, des scènes crues et provoquantes , même les paysages ne sont pas bien décrits a souligné une lectrice ,l’avis  a été partagé sur ce point .
Nous conseillons aux personnes qui veulent découvrir JH en amoureux de la nature de plutôt lire Nord Michigan, Nageur de rivière, La fille du fermier . 

 





samedi 20 octobre 2018


Reprise du Café Littéraire ce 25 septembre 2018, avec les coups de cœur de l'été. 






 L'ombre de nos nuits  de Gaelle Josse

C'est un roman à 3 voix:

- Une jeune femme  découvre le tableau Saint Sébastien soigné par Irène  de Georges de La Tour , au fil de la lecture on découvre son drame sentimental, ce n'est pas le plus intéressant .

- Le peintre G. de La Tour en Lorraine, dans les années 1650, explique son obsession de la lumière, il peint  proche du feu de la cheminée et certains sujets tiennent une lanterne (il est comparé au Caravage)  il choisit sa fille qui servira de modèle à Irène.

- L'assistant du peintre le plus doué, Laurent participe et  sera chargé de copier le tableau, il nous fait vivre la construction de la toile.

Ce tableau sera présenté à Louis XIII et permettra à G. de La Tour de devenir le peintre du Roi.

Cette auteure a écrit un autre livre,  Les Heures silencieuses,  où un tableau constitue le fil conducteur.

Marie Rose



Sapiens, Une brève histoire de l'humanité   par Yuval Noah Harari

L'auteur est professeur d'histoire à l'Université hébraïque de Jérusalem. Il nous livre une histoire de l'humanité pour le moins déroutante. 

Tout commence il y 100 000 ans, lorsque cohabitaient plusieurs espèces d'hominidés qui ont toutes disparues à l'exception de la nôtre, l'Homo Sapiens. Il aborde son évolution au travers de trois phénomènes marquant,  la révolution cognitive, la révolution agricole et la révolution industrielle. S'appuyant sur les toutes dernières découvertes scientifiques, il nous entraîne dans une fascinante histoire, la nôtre.

L'ouvrage est à la portée de tous, bien écrit. Il explique de façon simple, avec de l'humour et effectue des rapprochements inusités et des raccourcis qui nous interrogent et vont souvent à la rencontre de ce qui est communément admis.

Bref, un ouvrage passionnant qui se dévore et éclaire d'un jour nouveau notre rôle  dans le monde actuel.

Michèle C



Loin de Venise  écrit par une toulousaine, Michèle Teysseyre, auteure de plusieurs ouvrages parlant de Venise.

 Dans le roman que j'ai lu, l'auteur nous raconte les derniers jours de personnages qui se sont rendus célèbres à Venise:  Vivaldi, Rosalba Carriera, pastelliste de renom devenue aveugle et Casanova. Seule, Rosalba est morte en Italie. Vivaldi était exilé à Vienne où il est décédé et Casanova au château de Dux , en Bohême, les personnages sont tels qu'on les imaginait.

 Michèle Tesseyre a un style très élégant étant elle-même peintre, possède une profonde connaissance de son sujet. Elle nous transporte dans un monde artistique dans un style très vivant .

Jacqueline



Les confessions sans pénitence de Georges Duhamel est une suite de quatre  entretiens à propos des grands philosophes français  Rousseau, Montesquieu, Descartes et Pascal, dont il a été influencé . Il les a découverts dans sa jeunesse, il n'a jamais cessé d'y faire référence. S'il emet, malgré son admiration, quelques critiques au sujet de Montesquieu, il montre une nette  préférence pour Pascal. Il analyse leurs œuvres en relation avec ce qu'il constate, a dans la société du 20ème siècle. Et sa position intellectuelle et humaine ressemble  de si près aux réflexions que nous pouvons nous faire sur notre société du 21ème siècle. J'ai lu ce livre avec beaucoup d’intérêt.

 J'ai retrouvé avec plaisir le style simple, mais tellement précis, des lectures de ma jeunesse, tant  aimées. Georges Duhamel est l’écrivain qui a le mieux parlé de la vie très troublée du 20ème siècle. Il a dépeint les évènements et les conséquences des 2 atroces guerres, il a parlé des avantages et des risques entrainés par les nombreux et rapides progrès techniques et scientifiques. Mais il a aussi laissé des œuvres pleines de tendresse, en regardant vivre les enfants. J'ai retrouvé avec plaisir l'écrivain que j'admirais dans ma jeunesse.

 Le vocabulaire méticuleux de Georges Duhamel :

 apophtegmes : paroles mémorables exprimées de façon concise.

 brachycéphale (en anthropologie) :  Qui a le front aussi large que long.

  intumescense (médecine) : gonflement d'une partie du corps.

  vaticiner : origine: prédire l'avenir, prophétiser, péjoratif : tenir un discours pompeux et confus (comme les prophéties)

Jacqueline





Pas pleurer de Lydie Salvayre, Prix Goncourt 2014

C'est à travers l'histoire d'une famille espagnole (celle de la mère de l'auteure) l'histoire de la guerre civile d'Espagne de 1936 à 1939.

L'auteur décrit le climat de suspicion dans lequel vit toute la population divisée en deux camps, les républicains et les franquistes. D'où Les horreurs de toutes sortes, d'abord dans les grandes villes, puis peu à peu dans les campagnes.  Cette famille vit en milieu rural dans un monde de conservatisme et de traditions.  Le fils de cette famille part en ville combattre aux côtés des Républicains, il mourra au combat.


Puis, la famille dispersée part en France en traversant les Pyrénées, en plein hiver....

L'auteure évoque à plusieurs reprises  Le cimetière sous la lune de Bernanos, livre écrit à cette époque de la guerre civile.

Le style du livre de L. Salvayre est vivant, elle écrit des phrases entières en langue espagnole, ce qui donne encore plus de saveur au texte.

Nicole



La perle de John Steinbeck

Un récit court qui se lit comme un conte : un pauvre pêcheur mexicain découvre une perle énorme qui devrait lui apporter la fortune et l’accès au savoir pour ses enfants. Mais, cette perle suscite la convoitise et elle est si grosse que … je ne vous dirai pas la suite.

Steinbeck raconte les injustices sociales, un de ses thèmes favoris, un conte à la fois drôle et cruel .

Anne



Chanson douce de Leïla Slimani

Ne vous fiez pas au titre car le livre commence par une scène de crime commis par une nounou. Ce qui  horrifie le lecteur,  au fur et à mesure du livre, c’est la double vie de Louise, sa fragilité, sa solitude  et ce qui l’a amené à commettre  l’irréparable. On lui trouve des circonstances atténuantes.  Un Thriller palpitant, plus le lecteur poursuit la lecture, comme le policier dans son enquête, plus il va accumuler des indices pour soupçonner Louise, et on a envie d’alerter les parents. Très bien écrit.

L’auteur a remporté le prix Goncourt 2016 avec ce 2ème roman. Elle est engagée et  défend la cause des femmes  marocaines.



En finir avec Eddy Bellegueule, Edouard Louis    

Un livre autobiographique  écrit par un jeune homme de 26 ans qui a vécu son enfance à Amiens.

On a du mal à croire qu’au 20ème siècle, on puisse vivre dans ces conditions de précarité où  la télévision est toujours présente, sans intimité, avec un père et un grand frère violents (le père a été lui-même  violenté )sans amour  et harcelé à l’école car il est homosexuel .

Il écrit des paroles très dures « de mon enfance, je n’ai aucun souvenir heureux ».

Il  réussira et fera de grandes  études, un roman bouleversant.

Anne





Les vestiges du jour de Kasuo Ishiguro

Joué au cinéma avec Anthony Hopkins et Emma Thompson.

Un livre  superbement écrit en langage soutenu, sans aucune vulgarité, à l’image de ce que fut la vie  exemplaire de Stevens, majordome au service  de Lord Darlington puis d’un riche américain.

A travers de ce qu’entend, ce que voit, ce que ressent Stevens, c’est toute la mentalité anglaise qui se dévoile, on y voit les enjeux politiques et  même s’il n’est pas d’accord avec les choix de Lord Darlington , Stevens  reste fidèle jusqu’au bout,  car il l’a jugé digne moralement  au départ . Son 2ème employeur lui propose un jour de prendre quelques vacances dans la campagne  anglaise et lui prête sa belle voiture, grâce à laquelle il passera pour un lord aux yeux de paysans et l’on voit les rôles s’inverser comme dans Molière, le confident devient le maître.

Lors de ce voyage ou il se souvient de son passé, il revoit une gouvernante qu’il aurait pu aimer, mais à l’époque, il  prenait son rôle trop au sérieux.

Anthony Hopkins incarne parfaitement le sérieux de ce majordome.

Anne



Petit Pays de Gaël Faye 

Né en 1982 au Burundi , Gaël  FAYE est chanteur, rappeur, auteur compositeur interprète.

En  1995, à l’âge de 13 ans, il fuit son pays natal pour la France, après le déclenchement de la guerre civile au Burundi en 1993 et le génocide des tutsis au Rwanda en 1994. Depuis 2015, il est retourné au Rwanda avec sa femme et ses enfants.

Il parle magnifiquement dans ce livre  de son enfance  heureuse au Burundi puis des atrocités de la guerre et de la douleur de l’exil.

Ce premier  livre a eu beaucoup de succès, il a remporté le prix Goncourt des lycéens.

Gaël  FAYE  est passé il y a peu de temps à la grande librairie avec  Magyd Cherfi

Anne



Publié en 2016, de GUINEVERE GLASFURD, anglaise, son premier roman.

Nous partons aux Pays bas à Amsterdam, 17eme siècle (1630-1640). Helena, très jeune servante travaille dans la librairie de Mr Sergeant (anglais). Amoureuse des mots et éperdue de connaissance, elle apprend à écrire à la plume seule, en cachette, car à cette époque les servantes n’écrivent pas. Avec de petits moyens, elle écrit dans ses mains avec du jus de betterave, d’où le titre du livre.

Un jour un pensionnaire se présente à la libraire, connaissance de Mr Sergeant, il s’agit de René DESCARTES. Il va séjourner et être logé quelques temps chez le libraire anglais et surtout beaucoup travailler. Une liaison va naître entre ces deux personnages qui restent les acteurs principaux tout au long de ce roman.

Quel avenir pour ce couple : un philosophe catholique et une servante protestante (pas comme les autres) dans ce siècle où l’éducation est refusée aux femmes.

C’est une histoire vraie sur une liaison cachée.

Je suis touchée par Helena, qui démontre un certain dévouement à apprendre et à apprivoiser les mots.

L’auteure emploi le « je » durant tout le roman c’est Helena qui parle et son amant, elle le nomme « le Monsieur ».

 Je n’arrivais pas à lâcher ce livre, histoire poignante jusqu’à la fin qui va de surprises en surprises.

Evelyne



LES QUATRE SAISONS DE L ETE  de Grégoire DELACOURT


Été 99, dont certains prétendent qu’il est le dernier avant la fin du monde.
Sur les longues plages du Touquet, les enfants crient parce que la mer est froide, les mères somnolent au soleil.

Et partout, dans les dunes, les bars, les digues, des histoires d’amour qui éclosent. Enivrent. Et griffent. Quatre couples, à l’âge des quatre saisons d’une vie, se rencontrent, se croisent et s’influencent sans le savoir.
Ils ont 15, 35, 55 et 75 ans. Ils sont toutes nos histoires d’amour.



Quatre nouvelles pour quatre histoires d’amour et on découvre au fil de la lecture qu’elles sont  toutes reliées entre elles. Les relations hommes/femmes sont décrites avec précision et finesse. Les fleurs ont une place importante, elles donnent le titre de chaque nouvelle et permettent d'exprimer des sentiments que l'on ose avouer. Une  belle écriture, riche et poétique, une manière de nous raconter, comme un murmure au creux de l'oreille, la vie, ses chagrins et ses bonheurs... Chaque histoire est unique et Grégoire Delacourt réussi un roman plein de douceur et de sensibilité d'une très grande qualité, qui nous laisse un sentiment de plénitude.



Citations :

L’amour, c’est quand on peut mourir pour quelqu’un. Quand on a les mains qui piquent, les yeux qui brûlent, quand on a plus faim.



« Quelques années plus tard, j’ai rencontré un mari. Ne riez pas. Bien sûr qu’il était charmant. Beau même. De cette beauté que, nous les femmes, décelons chez un homme, lorsque nous avons faim. Il avait le regard, la voix, les mots maladroits ; il avait tous les pièges. Et après quelques nuits d’amour, quelques fièvres et autres douceurs, violences et baumes, je suis tombée enceinte. N’est-ce pas qu’ils sont drôles les mots. On tombe amoureuse, puis on tombe enceinte, puis on tombe de haut…. »



Michelle



Editions de l’ Eclisse et à sa première parution Les étoiles brilleront dimanche.



Pour les absents, l’Eclisse me tient à cœur car elle a été crée par mon fils Sylvain et deux amis. Ils sont tous dans l’univers du livre et ont décidé de passer de l’autre coté du miroir.

Ils veulent proposer des livres accessibles à tous par le choix des auteurs et des textes.



Dans Les étoiles brilleront dimanche, Benjamin Coissard nous fait partager sa passion pour le cyclisme amateur et nous immerge dans cet univers. Mais nous pouvons transposer à toutes les passions sportives ou autres et à leurs conséquences personnelles, familiales et sociales.



La prochaine parution de l’Eclisse est annoncée pour février 2019, un recueil de nouvelles croates de Zoran Féric “ Le piège Walt Disney”. Là aussi un nouvel univers à découvrir....



Christine

vendredi 19 octobre 2018

L'Art de perdre d'Alice Zeniter


Alice  Zeniter est née en 1986 dans les hauts de Seine, d’un père algérien  et d’une mère française.
Après ses études à l’ENS, elle enseigne à la Sorbonne, puis en Hongrie où elle vécut plusieurs années, elle y collabora à plusieurs mises en scène de  théatre.
Son 1er roman officiel ‘’Jusque dans nos bras ‘’ parut en 2010 (24 ans) mais elle avait déjà publié un petit livre à l’âge de 16 ans.
Son 4ème roman ‘’L’art de perdre ‘’publié en 2017, à l’âge de 31ans, reçut de nombreux prix dont le Goncourt des lycéens  qu’elle a pris beaucoup de plaisir à rencontrer.
Cette histoire est en partie nourrie  de celle de sa famille d’origine kabyle et se passe sur trois générations, de 1930 à nos jours.
Alice Zeniter recherche son identité à travers la vie de son grand-père qu’elle n’a pas eu le temps de connaître, de sa grand-mère qui ne parle que le Kabyle et de son père qui garde un silence obstiné sur sa vie de harki en Algérie jusqu’en 1962 puis en France ensuite.
A l’occasion d’une mission en Algérie où l’envoie le patron de la galerie d’art où elle travaille, Naïma découvre ce pays dont elle ignore tout ou presque ; l’auteur a fait également ce voyage.
Elle se demande ce qu’elle va ressentir en touchant le sol de ses ancêtres  et  finalement n’éprouvera pas le sentiment d’appartenance  qu’elle pensait devoir avoir.
Ce voyage lui était pourtant nécessaire pour se construire et pour se libérer du poids qu’elle portait à être petite fille de Harki .
Dans ce roman très documenté, Alice Zeniter  ne prend pas parti dans le conflit sanglant qui a opposé la France et l’Algérie
Ce voyage qu’elle a accompli comme Naïma lui a permis d’aboutir à une forme de résilience et elle vit son retour à Paris déculpabilisée comme une  fête ;elle a choisi sa vie  .
‘’A l’évidence, dans l’art de perdre ,il n’est pas dur de passer maître même si il y’a un désastre’’ :c’est de cette phrase d’un poème d’Elisabeth Bishop qu’Alice Zeniter  a tiré le titre de son roman  .
Dans ce livre, Alice Zeniter décrit très bien la douleur de ceux qui partent loin de leur pays d’autant plus grande pour les harkis qui ne seront plus ni totalement algériens ni totalement français 
Pour les’’ pieds- noirs’’, le retour en métropole a été également douloureux.
Dans une récente interview, elle compare la situation de ses grands- parents et de ses parents à celle des migrants d’aujourd’hui .
Les lecteurs du café littéraire ont beaucoup aimé ce roman du point de vue historique, écrit dans un esprit d’objectivité et de neutralité ainsi que l’analyse très fine des personnages .
Le théatre Garonne à Toulouse a présenté une pièce de julie  Berès  ‘’Désobéir’’ coécrite  avec  Alice Zeniter.
Anne et Marie Hélène ont eu la chance de voir cette pièce : 4 jeunes filles issues de l’immigration disent  NON au machisme , au racisme , à la religion ,à la tradition ,ce que chacune exprime par la parole et la danse .
L’absence de décor permet une écoute plus attentive à ce qu’elles veulent nous transmettre.
Ces jeunes actrices nous ont ravies par leur naturel, leur dynamisme, leurs textes et leurs danses.
Le prochain livre présenté en novembre sera ‘’La succession’’ de jean –Paul Dubois
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mardi 2 octobre 2018

café littéraire à la maison de retraite des 13 vents


mardi 2 octobre 2018

Nous voici pour la 4ème fois parmi ses résidents

A cette occasion, Marie Claude  Couderc a présenté son 1er livre :

                ‘’ Les perles bleues du pays d’Olt ‘’.


L’histoire de ce roman se déroule dans le Nord de l’Aveyron dont elle est originaire et nous fait parcourir une petite étape sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

Marie-Claude nous a d’abord présenté un diaporama sur l’historique de ce pèlerinage : le personnage de Saint-Jacques de Compostelle, les légendes qui s’y rapportent  exemple ‘’le pendu dépendu’’, la préparation et le déroulement du pèlerinage lui-même,les attributs du pèlerin, ses motivations.

Il existe de nombreux ouvrages à ce sujet plus ou moins sérieux , exemple :  comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle.

Avec le foyer rural, elle a participé à la restauration et à la valorisation des croix jalonnant le parcours relaté dans son livre, d’Espalion à Estaing, que quelques membres du café littéraire ont eu le plaisir de découvrir avec elle.

Certaines de ces croix étant dans le domaine privé, Marie-Claude a eu envie d’en garder la mémoire et de transmettre ce qu’elle a appris.

En conclusion de ce diaporama,  elle nous a présenté une petite vidéo sur le ‘’botafumeiro’’ de la cathédrale de Saint Jacques de Santiago : un énorme encensoir de 53 kg et d’1m50 qui se déplace sous la coupole de la cathédrale  par un système de poulies et de cordes actionnées par huit hommes forts.

Un des résidents a fait ce petit commentaire : « on a l’impression de monter au ciel  avec elle ».

Les résidents ayant lu le livre ont apprécié  son aspect documentaire  mais aussi le fait qu’il se lise comme un roman.

Un grand merci à Marie-Claude  pour cette belle présentation .

Le voyage se poursuit dans son 2ème livre ‘’ Des perles en héritage’’.

Un bon goûter offert par la maison de retraite est venu clore cet  après midi.

 


 La prochaine rencontre aura lieu courant Février 2019 avec le livre de Marie Sabine Roger ‘’ le cœur en friche’’ .
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