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dimanche 21 avril 2013
mercredi 3 avril 2013
Joseph Kessel
Le café littéraire du
mois de Mars nous a plongés dans l’ Œuvre d'un grand de la littérature.
D'origine
judéo-russe, il est né en Argentine en 1898 puis après quelques années en Russie, sa
famille s'installe en France où il sera naturalisé. Après le lycée Louis-le
Grand, il obtient une licence de Lettres. Il est engagé à 17 ans au Journal des
Débats, dans le service de politique
étrangère, puis dans l'aviation, d'où son premier grand succès
: "L'Equipage"(1923), suivi d'une biographie de son grand ami Mermoz.
Reporter de guerre en
Espagne et durant la "drôle de guerre", il entre alors dans la Résistance avec son neveu Maurice
Druon ; c'est avec lui qu'il compose les paroles du Chant des Partisans.
"L'armée des
ombres" parait en1943, en hommage à ses compagnons résistants
A la libération, il
assiste en tant que journaliste au procès de Nüremberg.
Kessel est un
aventurier qui parcourt le monde, entre autres, l'Afghanistan qui lui inspire
son chef-d'oeuvre : "Les
Cavaliers"(1967), un univers d'hommes se défiant à cheval lors du jeu du
"buskachi", en écho aux "Trois mousquetaires", livre de
chevet de son enfance.
L'Académie Française
le reçoit en 1962, consécration ultime pour ce fils d'émigrés juifs.
Nous avons tous
apprécié la richesse et la variété de son oeuvre :
"Le
lion"(1958), écrit après un voyage
au Kenya, narrant les relations très fortes entre Patricia, 10 ans et le lion
qu'elle a élevé.
"Belle de jour" , dont l'héroïne est une bourgeoise qui se
prostitue à l'insu de son mari, roman qui fit scandale à son époque (1928).
Catherine Deneuve a incarné ce personnage dans un film de Luis Bunuel.
"Les temps sauvages" (1975), dont l'action se
passe en Russie ,est une fresque de la ville de Vladivostok, où l'auteur a été
envoyé et qu'il découvre soumise à la loi de la jungle en cette année 1918.
N'oublions pas "La passante du Sans-Souci"
"Les amants du Tage"
Et les contes, qui
transportent le lecteur dans un univers merveilleux mais dramatique, sur fond
de guerre ou de bolchévisme, entre autres.
Journaliste, aventurier et écrivain, J.Kessel a été le
témoin de la folle course du monde au 20e siècle.
Anne et Marie Hélène
mardi 2 avril 2013
Les Cavaliers de Joseph Kessel
LES CAVALIERS : Joseph KESSEL
(avis de Michelle)
Un roman très rude, dans un territoire aux paysages
aussi tourmentés et difficiles que ses habitants. Y sont valorisés l'honneur, la virilité, la force de caractère et physique.
Les inimitiés comme les amitiés sont éternelles, ou presque.
A travers le jeu du Bouskachi, l’auteur nous décrit l'Afghanistan de l'intérieur, ses beautés et ses laideurs, de peuples nomades en sédentaires, le pays et ses dures conditions de vie qui ont imprimé leurs marques dans le caractère des hommes.
A travers le jeu du Bouskachi, l’auteur nous décrit l'Afghanistan de l'intérieur, ses beautés et ses laideurs, de peuples nomades en sédentaires, le pays et ses dures conditions de vie qui ont imprimé leurs marques dans le caractère des hommes.
Car c’est bien cela
qui est mis en exergue dans ce livre… LES
HOMMES.
Mon
impression personnelle :
C’est un livre d’homme, fait pour les hommes. Un monde brutal
et sauvage.
Les femmes n’y ont aucune place. La seule dont on parle :
partagée entre l’humilité et l’ambition,
fait partie d’une ethnie qui ne compte
pas. Elle est traitée comme une moins
que rien, et ne sert qu’à assouvir le
bon plaisir de chacun des antagonistes.
D’autres femmes apparaissent fugitivement dans l’histoire bien sûr : l’Occidentale aux
bras nus, face à laquelle le regard se détourne, l’infirmière impudique que
l’on fuit au plus profond de la nuit, la belle Pachtou juchée sur son immense
chameau, que l’on refuse de regarder parce qu’une femme n’a pas sa place aux
commandes, la vieille femme, enfin, sur le point de mourir et à qui l’on daigne
faire l’aumône d’une dernière visite.
Mais les femmes ne font que passer.
Ainsi qu’en décident LES HOMMES
encore aujourd’hui la femme reste :
-
« une
effacée de l’existence. »
Je trouve également un peu dommage que toute
l’histoire tourne autour de ce jeu stupide et cruel de « Bouskachi » :
« Une carcasse décapitée, traditionnellement celle
d’une chèvre
(mais ce peut aussi être un mouton ou un veau), est lancée sur le sol au milieu d’un cercle des cavaliers. Dans le passé, le
cadavre d'un ennemi tué au combat pouvait également être utilisé. Au signal,
les cavaliers se ruent vers la carcasse et tentent de la ramasser, tâche qui à
elle seule nécessite une grande force. Pour compter un but, le cavalier muni de
la carcasse devait, à l'origine, galoper vers un but souvent à plus de deux
kilomètres au travers des adversaires armés de fouets, puis rapporter la
carcasse au point de départ. De nos jours, il faut plus simplement atteindre
une zone déterminée. Les chevaux employés pour ce jeu subissent un entraînement spécial
et coûtent très cher. »
CONCLUSION :
Ce roman reste néanmoins un très bel ouvrage d’écriture,
facile à lire et riche en descriptions ou détails géographiques et culturels. Une histoire pleine de richesse et
d’événements. Il a su nous faire voyager dans un pays qui, malheureusement, est
maintenant le théâtre d’événements tout aussi
spectaculaires mais bien plus dramatiques.
Citation
d’une critique :
On aime les personnages autant qu’on
les hait. Rien n’est en demi-teinte, les portraits sont aussi tranchants que
les poignards afghans, les rapports humains sont aussi durs que les combats
d’animaux qu’affectionne Ouroz, déchiré d’orgueil, que nous accompagnons dans
sa longue traversée de l’enfer. Les flots de rage et d’amour perdent toute mesure, tout contrôle, toute nuance. La
quête de la paix emmène sans cesse les personnages au bord d’un abîme sans
fond, où la tentation de sombrer dans la violence la plus abjecte est là, la
quête de la sagesse les jette vers des gouffres torturés de folie, la quête de
l’amour les conduit vers les actes les plus criminels…
Et pourtant, on les aime, ces personnages, on les admire,
ils nous fascinent… Et on garde au cœur, jusqu’à la dernière page, l’espoir
qu’enfin ils trouvent la paix.
lundi 1 avril 2013
samedi 30 mars 2013
Frédérique Martin en janvier et les écrivaines féministes en février
En
janvier, nous avons eu le plaisir d’être invités par la biblio de St-Orens pour
écouter F.Martin parler de son livre
« le vase ou meurt cette verveine » titre tiré du très beau poème de
Sully Prudhomme ‘’le vase brisé’’.
Il s’agit
d’un roman épistolaire qui met en scène un vieux couple encore très amoureux , Joseph
et Zika.
Zika étant
malade et devant se faire soigner se voit contrainte de séjourner à Paris chez
sa fille tandis que Joseph va chez son fils .
Au fil des
lettres échangées entre les époux, la passion originelle de l’un pour l’autre
se transforme au contact de leurs enfants, en reproches réciproques au sujet de
leurs relations parents-enfants qui ont pâti de leur amour passionnel et
exclusif.
Une très
belle écriture fluide et poétique, une fin jugée trop dramatique par certains.
‘’Nous aussi, avec mon mari, avons connu cette complicité à
travers de petits gestes tendres tout au long de notre vie ‘’ Paulette
Aujourd’hui
ou l’égalité hommes-femmes n’est pas encore atteinte, notre KF littéraire de
février portait sur l’émancipation des femmes à travers des écrivaines .
Nous avons
accueilli à cette occasion, au ccas, le
‘’jardin des palabres ‘’ KF littéraire autour des lectures du bassin
méditerranéen qui se tient sur la
péniche Salammbô où nous nous déplaçons aux beaux jours .
Anne nous a parlé d’Olympe de Gouges (1748-1793)
Auteur de la
déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a laissé de
nombreux écrits en faveur des droits civils (divorce) et politiques des femmes
et de l’abolition de l’esclavage des noirs. Elle proposait également un impôt
sur le luxe, de créer des maisons pour les chômeurs, les sans- abris, des maternités, etc idées avant - gardistes
Une
association O de G existe à Toulouse, dans le quartier St Cyprien : elle
accueille, héberge et met en œuvre des activités propres à favoriser l’insertion
sociale et professionnelle des femmes.
Jacques a évoqué Benoite Groult à travers son livre ‘’Ainsi soit-elle’’
Essai sur la
condition des femmes à travers l’histoire et les civilisations, qui a connu un
succès mondial. BG y parle entre autres de la coutume barbare toujours vivace
de l’excision, des luttes féminines pour obtenir le droit de vote en 1945, le
droit à la contraception en 1974 et le droit à l’IVG en 1975 (loi Veil).
BG a écrit
d’autres romans sur le même thème ainsi que des biographies sur Olympe de
Gouges et Pauline Rolland .
Michelle s’est essayée à lire ‘’le 2 ème sexe’’ de
Simone de Beauvoir
Œuvre à teneur philosophique, riche de références littéraires, historiques, sociologiques, biologiques et
médicales.
Son credo : aucune femme n’a de destin tracé, leur émancipation réussira
grâce à la volonté solidaire des hommes et des femmes.
Trop de références souvent compliquées et ennuyeuses a trouvé Michelle .
Gisèle Halimi nous a été présentée par Thérèse à travers ‘’La Kahina’’ femme chef de guerre judéo berbère, figure féminine de la résistance qui a bercé
son enfance.
Gisèle Halimi, avocate d’origine tunisienne s’est fait
connaître en1972, en défendant une mineure qui s’était fait avorter après un
viol, procès de ‘’Bobigny’’ au retentissement considérable qui a contribué à
l’évolution vers la loi Veil.
Christiane a évoqué l’histoire vraie
de ‘’Jamais sans
ma fille ‘’ de Betty Mahmoody
Trois lectrices du Jardin des
palabres nous ont fait connaître ‘’une femme ‘’ de
Sibilla Aleramo’’ autofiction sur une femme qui se rebelle contre la
position de la femme dans la société de
cette époque (début 20 ème s)
‘’Syngue Sabour ‘’ ou ‘’pierre de patience’’ de de Atiq Rahimi qui vient d’être mis à l’écran a été
également évoqué.
Marie- Claude, nouvelle lectrice,
nous a parlé de Marie
Talabot, aveyronnaise du 19 ème siècle, qui malgré son ascension
sociale, n’a jamais renié son origine paysanne, et de la grande Colette qui était une femme très libre pour son
époque.
Pour illustrer ce thème , nous avons pu voir à Studio 7 le film ‘‘la source
des femmes ‘’
Anne et Marie–Hélène
lundi 4 mars 2013
Coups de coeur du Café des Palabres, de Marie-Claude et de Thérèse
Coup de cœur Marie- Claude
Marie Talabot
Une
Aveyronnaise dans le tourbillon du XIXe siècle de Louis Mercadié
Editeur : Rouergue
Louis Mercadié propose ici un
voyage passionnant à travers la vie d'une femme injustement dénigrée par les
siens. Le parcours de Marie nous est conté de manière très vivante. Tout en
s'appuyant sur un travail de recherche bien documenté, l'auteur parvient à
établir un essai romanesque qui tient en haleine le lecteur. Ce dernier imagine
ainsi aisément les différences entre la vie des sociétés rurales et celle de la
haute bourgeoisie du XIXe siècle. Il comprend aussi les liens qui les unit.
Marie Talabot, malgré son ascension sociale hors norme, n'oublia jamais ses
origines et fut présente auprès des siens chaque fois qu'elle en eut la
possibilité. Elle fut également une réelle conseillère pour son compagnon.
C'est cette image que je retiendrai, celle d'une femme qui a su s'affirmer en
un XIXe siècle très misogyne. Cet ouvrage est à découvrir, à redécouvrir et à
faire partager au plus grand nombre. Félicitations à Louis Mercadié
La vagabonde de Colette
Coup de cœur Thérèse
La Kahina de Gisèle Halimi
Est-ce un ouvrage historique ? Est-ce un roman ? Un roman
historique ? Le lecteur est désemparé dès qu’il plonge dans l’ouvrage que
Gisèle Halimi a consacré à la grande héroïne judéo berbère. Si l’on comprend
bien l’intérêt de l’avocate féministe – par ailleurs juive et née en Tunisie –
pour cette figure féminine de résistance, la gêne s’installe au fur et à mesure
de la lecture, face à l’impossibilité de l’auteur de choisir un genre
littéraire et de s’y tenir. Alors que le destin légendaire de cette femme
intrigue, que son altière figure fascine, que viennent faire au milieu d’une
description de paysages, ou de la relation de ses amours, telle ou telle note
savante de bas de page ? La traduction de tel mot berbère ? Le nom romain de
tel lieu présenté sous son nom berbère ? Faits avérés (peu), légendes
(nombreuses), mémoires concurrentes (juive, berbère) s’entremêlent, laissant le
lecteur face à un dossier ruisselant d’érudition savante (il ne compte pas
moins de 8 pages de références bibliographiques), alors que nous suivons la guerrière
en train de se maquiller, de se préparer à recevoir son amant, ou en train de
commander à ses hommes.
Pourquoi un roman de la célèbre avocate féministe sur cette
héroïne ? Et même pourquoi un roman de plus sur elle ? Celui de Gisèle Halimi
vient en effet après ceux de Roger Ikor, de Didier Nebot1 et de quelques autres
encore. Peut-être parce que plus que l’essai historique, le roman permet de
combler les zones obscures par l’imagination ; et aussi parce que
l’identification à l’héroïne, l’empathie manifeste de l’auteure pour la chef de
guerre, pour la femme indépendante, permettent, plus qu’un essai rigoureux, de
la présenter avec ses doutes, ses hésitations, ses coups de cœur ; peut-être
enfin est-ce une fois encore pour se démarquer de sa mère (on peut rappeler la
relation de leurs rapports difficiles dans son livre Fritna2 et se situer dans
la lignée de ses père et grand père dont elle confie dans l’avant propos qu’ils
la bercèrent, petite, des hauts faits de la Kahina.
1 Roger Ikor, La Kahina, Paris, Encre, 1979 ; Didier Nebot,
La Kahéna, reine d’Ifrikia, Ed Anne Carr (...)
2Fritna, Paris, Plon, 1999
3 Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des dynasties
musulmanes de l’Afrique septentrionale, trad. (...)
Juive et Berbère ? Juive ou Berbère ? Véritable héroïne
africaine, objet de multiples légendes, légende ou réalité, la Kahina, Déborah
berbère, nourrit l’imaginaire des Juifs du Maghreb. Symbole de la résistance
berbère face à l’envahisseur arabe, elle est aujourd’hui un symbole du
mouvement berbère aux côtés de Massinissa et de Jugurtha. Revendiquée par les
uns et les autres, sa seule évocation déclenche de très violentes polémiques
dont Internet se fait l’écho, polémiques encouragées par la difficulté qu’ont
les historiens actuels à trancher pour une hypothèse ou l’autre. Mais pour
Gisèle Halimi, c’est une héroïne juive, à l’égal de Déborah, ou de Judith (comme
elle, elle est sensée avoir tranché la tête de celui qui tyrannisait son
peuple). Juive, c’est aussi une héroïne berbère, attachée au sol qui l’a vue
naître, rebelle à tout pouvoir étranger. C’est une femme fière, libre, sûre de
ses convictions. En cela, emblématique de ces peuples luttant pour leur
indépendance, aux côtés desquels s’est toujours placée l’avocate, et
emblématique aussi des femmes qui combattent pour leur émancipation et leurs
droits, à la tête desquelles s’est aussi placée l’auteure. Symbole d’une double
appartenance, d’une double culture, d’une identité plurielle, entre lesquelles
le choix est difficile, sinon impossible. « Roman » de ses origines, à travers
un ouvrage qui n’est pas seulement historique, Gisèle Halimi nous parle
métaphoriquement, à travers cette guerrière indomptée, d’elle-même et de ses
combats
Du Café des Palabres
Une Mort très douce de Simone de Beauvoir (correspondance)
Syngué Sabour ou Pierre de patience de Atiq Rahimi qui va passer à studio 7
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